« On croit faire comprendre sans se donner la peine de faire sentir. » (Gaston Bachelard) #citationdulundi

Ma lecture du moment : Si c’est un homme, de Primo Levi.

Un livre qui me captive. Certes avant cette lecture, je connaissais l’horreur des camps d’extermination. D’autant qu’en ayant suivi l’option « allemand renforcé » au collège, j’en ai « mangé » de la seconde guerre mondiale 😉 Mais avec ce témoignage, j’ai vraiment l’impression de franchir un cap, d’intégrer les conditions dans lesquelles vivaient les esclaves (comprenez les prisonniers) et la folie destructrice planifiée du régime nazi. Je n’oserais pas dire que j’en prends toute la mesure car pour le prétendre il faut sans aucun doute avoir vécu cet enfer, mais j’en mesure mieux l’étendue. Je passe du stade « Je le sais / je suis au courant » à « Je l’intègre ».

Pourquoi seulement maintenant alors que, encore une fois, j’ai largement été exposé aux leçons à tirer de cette période (à l’école mais pas uniquement) ? Bien sûr d’abord parce que je n’avais pas lu de livre dédié à la survie dans les camps de concentration et d’extermination. Aussi et peut-être surtout parce que le talent de Primo Levi est ici de nous faire sentir ce qu’il a vécu. De livrer un témoignage authentique. D’éviter d’être donneur de leçon. Une vraie réussite et un principe dont notre système éducatif, mais pas seulement, pourrait s’inspirer.

« Faire sentir, c’est ne pas rester enfermé dans le concept ou l’abstrait, mais penser à illustrer son discours avec des images accessibles à tous, qui permettront à chacun de rebâtir le message dans le même sens que celui qui l’a émis. » (extrait de J’ai pas envie de parler, Patrick Blanchet, éditions Tricorne, 2007).

PS : et pourtant je me suis plongé dans ce livre avec la crainte de ne pas aimer la voix de la version audio lue par Raphaël Enthoven…

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